Un séjour à pital

Pour ne pas être en reste avec mes parents qui avaient effectué des séjours à l’hosto dernièrement je me suis dit qu’il vaudrait mieux tester le produit moi-même. De plus, tel que mentionné desur les médias sociaux récemment au sujet que la famille avait visité trois hôpitaux le même jour, je voulais battre notre record familial, mais de façon individuelle.

Je suis donc parti, de bon matin en compagnie de Marilou vers Ste-Justine pour un rendez-vous planifié. Et comme j’avais pris congé de toute façon, je me suis dit que je pourrais en profiter pour passer voir Momo au Royal Victoria en après-midi après avoir donné un lift a ma matante Denise qui allait passer quelques temps avec maman Lise pour sa convalescence à Verchères. C’était jouable…

Je m’y suis donc rendu à la pluie battante… Il mouillait en TA. Tsé, quand il n’y a plus de parking dans la rue et que tu commences à serpenter pour t’en trouver un de dispo? Évidemment, il n’etait pas à la porte comme qu’on dit! d’ailleurs, je me serais attendu à voir les espaces pour personnes handicapées pleines à craquer, mais non pas full. Une pensée de même mais je n’élabore pas puisque le clavier que j’utilise présentement n’est pas nécessairement le plus ergonomique… Ben oui, je n’ai pas trainé mon portable en partant pour l’urgence de Jean-Talon! Vous direz que je ne suis pas prévoyant? Je répondrai seulement : optimiste. Pour compléter le trio du jour, on va dire.

Après une nuit, on va dire mouvementée, mon corps m’a laissé savoir toute la journée que quelque chose n’allait pas. Vous souvenez-vous des poupées BoutChou? Vers 17 :00 mes deux mains en avait joyeusement l’air. Tsé, quand on ne peut même plus distinguer les jointures! J’ai beau être de nature « enveloppé » comme le dirait mon ami Obélix, j’arrive quand même à toujours voir ces pentures normalement. C’etait aussi engourdi, genre. Bref, ma blonde n’a fait ni une ni deux et a déclaré : on s’en va à l’urgence!

La faune urbaine qu’on peut y retrouver est quand même intéressante. Et on a le temps de l’observer à souhait. J’y reviendrai peut-être un de ces 4! Pour le moment, parlons des vraies affaires! Soyons un brin égocentrique en parlant de ma ptite personne…

Faut d’abord prendre un numéro comme chez le boucher en entrant pour être accepté dans la secte. On s’assoit et on attend et on entend, je veux dire on écoute attentivement pour le fameux ti-numéro qu’on observe sur le ticket qu’on vient de gagner à la loterie… On appelle tout à coup le 9… Je sors de la rêverie du 6/49 et me lève instantanément pour me diriger vers le lieu indiqué. Je présente ma carte d’hôpital à la médame. Elle pitonne des trucs sur son ordi telle une douanière au retour de belles vacances et je me mets à tenter de comparer les deux situations. Ça s’arrête là, immédiatement. Elle lève les yeux vers moi et me dit que je vais devoir remplir un questionnaire. Ça doit faire partie du processus d’initiation que je me dis… Je lui demande si je viens de passer au triage – j’ai pas dit tirage, c’est promis – et elle me dit que non, mais que ça va venir… On doit commencer à m’accepter tranquillement que je me dis.

On attend… encore.

Un certain moment, on entend dedans le haut-parleur pas très efficace une voix caverneuse qui crache quelque chose comme : Baiileux Alain au bureau de préinscription, Baiileux Alain préinscription. Je viens d’entendre mon nom scrappé, ce doit être mon tour! On progresse. Je m’élance, je m’assois et j’attends que le monsieur me parle… C’est la règle ici et on ne doit pas la transgresser, mais que dis-je, c’est un peu l’omerta ici, je me tais donc, dans mes pensées incluses.

Il me pose quelques questions, pour vérifier que les infos qu’il a sont encore pertinentes. Des fois la vie fait que les infos changent qu’il me dit avec un sourire. En faisant un signe de la tête vers Chantal, il me demande si c’est toujours Chantal. Je me retourne vers elle et j’acquiesce d’un sourire. Il semble satisfait et me dit que la prochaine étape sera le triage. Je ne dois pas encore être trié je pense. Au moment où on va se rassoir, quelqu’un tente de prendre les places que nous avions savamment choisies auparavant. Chantal s’interpose alors tel un Brendan Gallagher en criant quasiment : scusez msieur, c’est notre place! Il semble surpris mais quitte en marmonnant quelque chose que je n’entends pas et c’est peut-être mieux ainsi.

On attend…

Baiileux Alain au triage… qu’on entend tout à coup après quelques heures, me semble. La médame me pose un peu plus de questions et fronce les sourcils pendant qu’elle pitonne sur son clavier elle aussi. Fronce-elle les sourcils suite à mes réponses ou parce qu’elle cherche une touche en particulier? Je ne le saurai jamais parce que je n’ai pas eu la présence d’esprit de le lui demander au moment jugé opportun. Je sens quand même que je gravis peu à peu les échelons de la secte.

On retourne attendre…

Je suis finalement appelé aux alentours de 23:00 me semble dans la salle 2. On me dit qu’avant de voir le doc, je dois passer un ECG. Ben oui! Si ça peut m’aider à gravir certains échelons, qu’à cela ne tienne. Faut tout de même enfiler une magnifique jaquette qui ne cache rien sauf ce qu’ils ont besoin de voir. J’enfile donc le tout à la course en me disant que j’atteindrai probablement le firmament plus vite ainsi. C’est fou ce que l’idée du firmament peut nous faire faire. Une médame arrive avec la tite machine et me plogue les 22000 fils sur le corps. On fait le test et je lui demande si j’ai encore un cœur et après une légère hésitation, elle me répond que oui. Il y a vraiment eu hésitation. Ce n’est peut-être pas si vrai que cela ces légendes urbaines à propos du coeur finalement?

Peu de temps après, je vois finalement un doc (je crois que son nom est Bisaillon) qui m’explique tout et me dis aussi qu’il a besoin d’un peu de mon sang pour analyse ainsi que d’une radio pour checker mes poumons. Vous voyez? Le sang… ça sent tellement la signature. Plus je me rapproche du but, plus les implications grimpent. On attend encore un peu et une autre médame arrive avec un chariot. Ce ne semble pas être des bonbons. Elle y prend 3 ou 4 tubes, des trucs d’aiguilles, désinfectant, tout le kit nécessaire, quoi! Et elle ajoute que ça ne fera pas mal avec un sourire. Je lui répond avec à peu près le même sourire en me disant dans mon Ford intérieur qu’elle est tellement chanceuse que ne soit pas Marilou qui soit en face d’elle. Elle pique, remplit ses fioles et me dit de me rendre à la radiologie. J’enlève la jaquette, je me rhabille et on se dirige vers la radio…

Je donne le ti-papier et l’autre médame qui me dit qu’il faut que je mette une tite jaquette. J’aurais du garder l’autre, hein? Je l’enfile presque dans le milieu de la place… Je commence à être tanné un ti-peu là! Je retourne la voir et elle me dit que ce ne sera pas long et d’attendre. Ok, je suis seul, ce ne devrait pas être trop long. Ce ne fut effectivement pas trop long. On passe à la séance de photo sans tarder. On prend quelques clichés, je veux les dédicacer sans attendre mais on me dit que ce ne sera pas nécessaire. Elle nous dit de ramener le ti-papier au bureau de la préinscription. Shiiiit, est-ce que viens de redescendre en bas de l’échelle moi là! J’enlève la jaquette, je ne devrais plus en avoir besoin. Des fois, on se trompe mais on ne s’en doute même pas.

alainquibaille

Je retourne vers ledit bureau pratiquement au galop. Je me sens soudainement plein d’énergie. Ça n’a pas duré. On se rassoit dans la salle d’attente qui est toujours pleine. On est braqué directement en face de la tivi. C’est fou ce qu’il peut y avoir de bizz a la tivi a cet heure à V télé! Le bonhomme essaie de nous faire croire que pour un ridicule dollar on pourrait gagner 1000, puis 2000 et jusqu’à 3000$ si on trouve le prénom qu’il cherche et dont la seconde lettre est A. On ne sait toutefois pas le nombre de lettres total. Ben oui! Il a bien dû y avoir une cinquantaine de dividus qui ont dépensé ledit dollar pour répondre souvent de fois Maude mais sans vraiment de succès. A un certain moment, l’animateur joue le rôle de « dépité » et mentionne que le temps est venu de dévoiler le nom recherché. Ah oui! C’etait Mariefée le prénom. Je le savais tellement! Pas de farce, avez-vous déjà vu une Marifée de vos yeux vus? Ben coup donc!

Il devait être environ 1:40 lorsque mon nom est à nouveau mentionné dans le crachoir. Je me précipite en croyant que j’avais atteint le but ultime. J’étais finalement pas rendu au but ultime… Un doc dont je ne me souviens plus du nom m’attend déjà dans la salle 3 cette fois et me tend une autre jaquette en me disant que je pouvais garder seulement les sous-vêtements. Me semble que je viens de faire cela que je lui rétorque. Je pensais presque à mon congé. Il me répond que si lui me signe mon congé, il doit m’examiner avant. Ben oui! Je me change donc en quatrième vitesse… il m’examine et conclut en me disant, l’infirmière va vous faire d’autres prélèvements et ensuite on vous amène passer la nuit dans une de nos meilleures suites ici à l’urgence – vous comprendrez que je viens d’inventer la dernière partie de cette phrase. Moi qui croyais retourner tranquillos chez moi. Il voulait m’injecter de la cortizone et m’observer toute la nuit. Pour ce qu’il en restait… L’infirmière m’a donc installé ce qu’ils appellent un accès. Un accès c’est un genre d’autoroute avec pas de traffic qui permet d’aller dans les deux sens sans que tu n’aies à demander de permission. Elle a donc « sorti » les 7 flacons de sang – oui encore! – dont elle avait besoin et la cortizone ainsi que l’eau salée – non je ne fais aucunement référence à notre dernière visite au Mexique – ont pris l’autre sens pour pénétrer dans mon organisme. C’est beau la science, non?

alainpoteau

On s’est donc rendus au lit # 15. C’était franchement pas pire comme setup. Une mini chambre fermée, genre. Chantal est repartie à course chercher mon CPAP. Elle est revenue mais apparemment qu’un coup que j’ai été installé, je lui ai dit bonne nuit et qu’elle pouvait s’en aller. C’était un peu cheap comme commentaire mais je pense que j’avais mon voyage. Elle, n’a pas tellement bien dormi, moi peut-être un peu mieux. J’ai comme senti qu’il y avait du staff qui est passé me voir cette nuit, mais je me suis à peine réveillé. Même quand une infirmière m’a dit : Attention à vos yeux, je vais allumer la lumière parce que je dois faire un prélèvement et que, soudainement j’ai eu l’impression, l’espace d’un moment de me retrouver sous les feux de la rampe. Il faisait clair en TA… Elle m’a encore extirpé du sang! À un moment donné, on doit en manqué du sang, non?

Vers 07h30, ma blonde est revenue, accompagnée de son plus beau sourire ainsi qu’un sac de Tim Hortons pis du café pis toute pis toute. Par principe, on a demandé à quelqu’un qui travaillait dans le coin, si je pouvais manger, et il a dit oui. Je crois finalement que c’était un préposé à l’entretien ménager. Bof! Peu importe, j’avais très faim. Quand j’ai vu le plateau qu’un autre m’apportait un peu plus tard, j’étais bien content du cadeau de ma blonde.

L’infirmière est revenue me shooter un peu de drogue, je veux dire cortisone. On lui a demandé si je m’en allais bientôt et elle n’a pas vraiment su quoi répondre. Elle a donc conclut que le médecin (le troisième d’ailleurs que je rencontrais en moins de 24 heures. Quand quelqu’un me dira qu’il n’y a pas de médecins au Québec!) déciderait lors de sa visite. Il est donc passé vers 10h je pense. On a jasé de mon cas. Remarquez qu’on n’aurait pas pu jaser de bien d’autres sujets parce que même si lui avait lu mon dossier, je n’avais pour ma part rien lu à son sujet. Anyway, il a été décidé que j’aurais mon congé aussitôt qu’il aurait terminé sa tournée. OK, attendre encore. Chantal est donc retournée à la maison pour voir où Marilou en était rendue dans sa vie. Je me suis mis à écrire. Faut que je le dise, le clavier du iPad, ce n’est vraiment pas l’idéal. Heureusement que maintenant et un peu avant en fait, je suis confortablement installé sur celui du portable. C’est mieux! Vous ai-je dit que je sévis maintenant sur un magnifique MacBook Air? Non? C’est fait maintenant. Fallait que je le dise, il va tellement bien!

J’ai donc eu droit au diner d’office. Holy Macaroni!!!

La soupe était bonne. Je pense que c’était aux légumes. Le repas principal était constitué de pétates pilées, de carottes molles et d’une sorte de viandes en sauce. Je pense que c’était du bœuf… ainsi qu’un joli Jell-O à l’orange pour fitter avec la couleur des carottes molles. C’est pendant que je dinais que le doc avec pas de nom est revenu me voir. J’ai hésité un instant mais je n’ai pas osé le renvoyer au cas où il ne reviendrait pas. Dans la vie, quand t’as une chance semblable, tu ne la manque pas qu’on m’a déjà dit. On a jasé encore un peu et ce la fin pour lui et moi. On s’est serré la main. Je sais que ça lui a fait quelque chose. Pas grand chose, probablement! J’ai rappelé ma blonde. J’ai terminé mon repas, je voulais avoir droit au dessert quand même! L’infirmière est venue enlever mon accès, m’a remis la paperasse correspondante et voilà c’en était fait!

En conclusion, ils ne savent pas vraiment ce qui s’est passé. Probablement une réaction allergique à quelque chose. Mais quoi? Je vais mieux mais je dois passer plusieurs autres tests. On m’a dit de me reposer – message subliminal à Jean – et de faire attention au sel! Celle-là, je ne sais pas pourquoi encore.

Merci Chantal pour ta présence, ton support de tous les instants.

Alain

Advertisements

2 thoughts on “Un séjour à pital

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s